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jeudi 22 janvier 2009

Épisode 28 Pi-toi?

Pi-toi, pi-toi, pi-toi??? C’est pas le chant d’un oiseau local. C’est LA question.

« Pi-toi, qu'est-ce qui t’a motivé à monter au Nord? »

Dès la toute première conversation entre deux non-inuit, la question est soulevée. Systématiquement.

Le trip? Pas d’emploi? S’éloigner de la belle-mère? Amateur de plein air? S’isoler pour faire une maîtrise sur Internet? Fuir la justice… Tout a été entendu. Tout est valable. La question est posée, juste pour faire la conversation, pour construire un pont entre deux étrangers réunis par défaut en terre arctique.

Dimanche, j'ai soupé avec ma coloc et deux nouvelles amies infirmières. Après le repas, pendant les pauses commerciales du Banquier qu’elles m’ont fait découvrir, inévitablement, on en est venu là.

- Pi-vous autres, pourquoi être montées au Nord? Nous, on sait pourquoi les infirmières montent au Nord, mais vous, les profs, pourquoi?

- Ah oui? Pourquoi c’est évident que les infirmières montent et pas les profs?

- Ici, c’est sûr qu’il y a le salaire : plusieurs fois celui d’une infirmière au Sud. Job de jour. 2 gros mois de travail, un mois de congé complet chez nous. Mais c’est surtout les responsabilités de clinique qui sont intéressantes : presque comme si on était médecin considérant qu'il y en a pas au village. On n’aurait jamais cette pratique professionnelle si on était ailleurs. Mais, vous autres, travailler dans une école, être enseignante, ça serait pas mal partout pareil, non?

Non, oui, euh… pas tout à fait.
Oui, je suis enseignante ici comme je le serais partout ailleurs. J’ai une jolie classe, deux groupes d’élèves, je peste contre les retardataires, je remplis des bulletins, je chiale régulièrement contre la photocopieuse.

Mais, nulle part ailleurs, je n’aurais la pratique professionnelle que j’ai ici.

Par exemple: jamais je ne pourrais avoir à donner de cours devant un auditoire composé de… zéro élève! Bon, parlons-en, parce que ça m’est arrivé quelques fois maintenant. Dans mon groupe de 6 élèves, les plus vieux, un ne vient plus du tout, un autre se présente sporadiquement et les 4 autres sont généralement assidus… mais pas toujours. Surtout pas à la première période le matin. Il arrive que les 4 élèves ne soient que 3, ou 2, voire 1 seul… voire pas du tout. Assez étrange comme situation.

Je me suis déjà fait dire « Chanceuse, tu es payée pour te limer les ongles! »
Oui. Mais.
Oui, mais l’attente est difficile. Que faire s’il y en a un qui se pointe? Lui faire la morale alors que les autres qui n’ont même pas fait cet effort se défilent de mon discours plate? Que faire au prochain cours, pénaliser tout le groupe? Faire comme si j’avais donné le cours et puis continuer à la séance suivante sachant que TOUS mes élèves n’auront pas assimilé les notions précédentes? Oui, mais. Je n’aime pas être dans cette situation… Oui, j’ai été payée quelques 45 minutes à me limer les ongles, mais la manucure est ratée, le travail intérieur dépassait largement l’énergie habituellement nécessaire pour donner un cours. Jamais je ne répondrais à « Pi-toi? » par le souhait d'être payée pour ne pas enseigner….

Je suis rappelée à l’ordre. « Pi-toi, alors, pourquoi t’es prof au Nord? »

- Parce que, quand ils se présentent tous en classe pour un examen important (et ils se présentent généralement pour les examens importants), après m’être battue pour obtenir le silence (comme dans n’importe quelle autre école) et les avoir bien guidés dans la lecture et le compréhension de leur évaluation (comme dans le cadre de n’importe quelle circonstance semblable), corriger 5 examens, c’est le bonheur!! 5 examens, quelques 15 ou 20 minutes, ça c’est un avantage professionnel qui vaut la peine au Nord! 180 copies à corriger… ça ne me manque pas du tout!Pi-oui, enseigner au Nord, ce n’est pas toujours facile, mais comme pour les infirmières, c’est un boulot qui n’existe pas tel quel au Sud!

5 copies à corriger… Wow!!

jeudi 15 janvier 2009

Épisode 27 Import-export


- Dans quel village seriez-vous prête à travailler comme enseignante, Mme Aboumrad?

Wow, la question en entrevue! Faut pas se tromper… Diplomatie et délicatesse.

- Ben… j’aimerais bien travailler n’importe où… Sauf à Kuujjuaq. (Je regarde les visages des trois directeurs devant moi, OK…je continue) Parce que Kuujjuaq, c’est le centre administratif, c’est la métropole! Hey, 2000 personnes, c’est gros! C’est là que tous les avions arrêtent et qu’on a toujours quelques heures pour visiter entre un vol de First Air et d’Air Inuit. C’est là qu’on a une semaine de formation au début de l’année scolaire. Si je travaille dans un autre village, n’importe quel autre village, je vais connaître ce village ET Kuujjuaq, c'est l'avantage que je vois.

Ffffffffiou, j’ai eu à penser vite, mais j’ai été très fière de la formulation de ma réponse. Elle était sincère. Mais je l’ai tronquée du reste de mon raisonnement : je veux aller dans le plus petit des villages pour avoir un blogue exotique et des histoires extrêmes à conter à mon filleul quand il sera en âge de comprendre. Maintenant, tout l’univers est au courant, mais au moment de l’entrevue initiale, j’ai passé ces petits détails (très peu professionnels) sous silence!

- Alors vous seriez prête à travailler à Quaqtaq? On parle de quelque 300 âmes, moins de 30 élèves au secondaire, anglais et français confondus. Petit. Moins de ressources qu’à Kuujjuaq, vous en êtes consciente? Ça vous va? Oui? C’est bon! Le village est accueillant et il y a une piscine!

Rares sont les villages nordiques avec une telle installation. Et on m’a vendu la place PAR sa piscine. Je ne dis pas non! Première chose, quand on m’a embauchée à la commission scolaire et qu’on m’a dit que j’irai effectivement à Quaqtaq, dans ma boîte de déménagement : mon maillot.

On a une piscine, oui. Sauf qu’on n’a pas de sauveteur certifié dans la communauté. Question assurences et sécurité, il faut un life guard officiel dans une piscine publique. Aucun inuit au village n'a cette formation pour l'instant.

Alors, pour le moment donc, comme l’épicerie, les matériaux de construction, les policiers, les enseignants et les infirmiers, les life guards, faut les importer.

Une première était déjà en poste lors de mon arrivée. Lors de ma première soirée à Quaqtaq, je suis allée à l’aquaforme. Proche de la maison, vous dites? Difficile d’avoir plus proche en fait! (Photo : Ma maison et la piscine municipale! J’y vais, pieds nus dans mes bottes Sorel!)

Mais la jeune fille n’appréciait pas la vie nordique. Elle est donc partie, dans le même avion que son cargo, exportés vers le Sud. La piscine a été fermée. Pas de permission spéciale pour les enseignantes, la policière et l’infirmière motivées à faire de l’aquaforme, même si notre infirmière du moment a déjà fait partie de l’équipe canadienne de natation et est plus que qualifiée pour nous ramener à la vie en cas d’accident. (Il faut savoir que les infirmières du Nord sont vraiment des spécialistes de la médecine de brousse qui ont tout vu, même l’impensable). C’est compréhensible que la ville ne donne de permission spéciale à qui que ce soit. C’est d’autant plus compréhensible que la personne embauchée pour habituellement sauver les noyés est aussi responsable de l’entretien de l’eau et des installations sur une base quotidienne. Pas de maître nageur, pas de piscine, point final.

Puis on a importé Raphaëlle qui est venue à la fin octobre. Aquaforme 3 fois par semaine! Problème de chauffe-eau (qui ne chauffait pas assez), quelques fois, j’étais seule dans la piscine à faire la grenouille. Pour un entraînement de mon équipe de Toundra au trot (course cross country), je leur ai fait faire une séance d’endurance dans l’eau. Un cours de sciences physiques sur la notion de débit? À la piscine! Avec un taux record de présence en « classe »!

Mais à Noël, Raphaëlle est descendue au Sud et n’est pas revenue. Auto-exportée ailleurs.

Conclusion, plus de piscine à Quaqtaq, encore.

C’est dommage, la piscine est un lieu de rassemblement, des jeunes et des ados surtout, une activité à faire, un passe-temps sympathique et relaxant; le Spa placé sur le côté de la piscine aidant! Il y a peu de temps, je ne comprenais pas mes amis qui en ont un dans leur cours arrière de banlieue, les croyant pas efficaces dans leurs dépenses d’énergie et d’argent. Ouais… Un Spa qu’il faut importer de l’autre bout de l’univers industriel et qu’il faut maintenir 600C au dessus de la température extérieure pour être confortable, c’est encore plus drôle dans l’échelle de l’inefficacité énergétique! Mais, c’est que c’est agréable après une journée d’enseignement, le Spa… envahi… par… mes… élèves... Finalement, pas si reposant que ça, le Spa!

C'est quand même vrai que Kuujjuaq a certains avantages, comme celui de se perdre un peu dans la foule, la fin de la journée scolaire venue!

jeudi 30 octobre 2008

Épisode 18 Auberge chez Marie, généralement vide.

Information : dans les villages nordiques, la disponibilité des logements est fort limitée. Rien à voir avec « la pénurie » de logements que l’on connaît à Montréal. Construire ici, avec le transport de matériaux et la main d’oeuvre, c’est beaucoup, beaucoup d’argent! L’offre de location est limitée au strict minimum, gérée presque exclusivement par les conseils autochtones locaux. Chez les Inuit, on parle de familles entières, souvent plusieurs générations de familles, dans des maisons, des maisons sans sous-sols (on se souviendra de la chronique où je jasais de fondations!). Dans ces circonstances, la commission scolaire n’est pas responsable d’un parc immobilier à tout casser non plus. On rationalise l’utilisation des habitations, et c’est tout à fait normal!

Rappelons les faits : quand je suis arrivée à Quataq, le 15 août, j’avais une coloc et il restait un dernier logement libre pour un prof encore à embaucher. 72 heures plus tard, on a réaménagé les tâches de manière à fonctionner avec un homme en moins à l’école. Aussitôt, ma coloc a demandé d’emménager dans le logement rendu vacant. Je restais donc seule locataire de la grande maison (1200pieds carrés, 2 grandes chambres à coucher) en attendant l’embauche d’un prof supplémentaire prévu pour janvier (une collègue sera alors en congé de maternité). Cette nouvelle personne sera mon coloc par défaut.

Tout un pari : je ne sais pas avec qui j’habiterai en janvier… mais d’ici là je suis seule locataire de d'une grande maison meublée! OK, j’ai un canapé qui gagnerait à être rembourré, une fenêtre cassée, et une pompe à eau archi bruyante, mais, dans l’univers nordique, une maison toute seule, c’est un luxe sans nom!

Depuis le début de l’année scolaire, à une quelques secondes d’exception près, je barre ma porte le vendredi soir et je ne la débarre que le lundi matin pour retourner au travail.

Toute seule, toute seule, toute seule… Et j’apprécie!

J’apprécie parce que c’est spécial, jamais je n’ai passé autant de temps entièrement laissée à moi-même. Danser partout dans la maison. Passer des heures avec un masque de « anit-ride/super-collagène/ça sert à rien/mais ça fait du bien » dans la figure. Faire n’importe quoi dans ma maison plus vide qu’un décor IKEA, sans qu’âme qui vive ne soit au courant, c’est très, très euphorisant!!

J’apprécie aussi parce que je ne m’ennuie pas ici, toute seule : j’ai beaucoup à faire! En plus de ma correspondance abondante, mon vélo d’intérieur sur lequel je lis des magasines de qualité discutable et du métier d’enseignante qui est très envahissant, je suis étudiante à la maîtrise en enseignement de l’UdeS. Je vous imagine froncer les sourcils, chers lecteurs; l’Université de Sherbrooke, c’est loin de la baie d’Ungava! Bien sûr! Mais ledit programme se fait par téléapprentissage. Ça m’occupe, ça me prend du temps, ça remplit mes fins de semaines : parce que je m’applique dans mes études et aussi parce que ma connexion internet est très ente!

J’apprécie parce que je sais que cette situation est temporaire. De retour au Sud, de retour à ma vie habituelle, avec la famille, le conjoint, les amis, le cinéma (le cinéma!), les commerces, la ville quoi… Ne passer que 2 heures toute seule sur le Plateau Mot-Royal relève de l’exploit surréaliste!

Et j’apprécie d’autant ma solitude qu’elle est quelques fois ponctuée de visite. Je reçois un appel, un courriel : une personne s’en vient au village et il ne reste plus de place dans le seul hôtel de Quaqtaq. Un hôtel… c’est vite dit! Une étoile, l’établissement! Quelques lits, une salle de bain commune, une cuisinette pour se faire minimalement à manger. Quand il n’y a plus de place, on me demande de loger des conseillers pédagogiques venus nous rendre visite. Jusqu’à présent, j’ai reçu Nicolas et Pascal (Allo!) et une infirmière de passage… Quelques jours à jouer les aubergistes, à partager ma grande maison, à faire à manger pour deux, à faire en sorte que la chambre d’ami serve, ça me fait plaisir!

Pour l’instant, en fait presque tout le temps! j’affiche « vacancy ». Si vous passez dans le coin, n’oubliez pas de réserver la seule chambre disponible à l’Auberge chez Marie. Ça ne se compare pas aux complexes hôteliers de Las Vegas ni aux beaux B&B champêtres de l’Estrie. En fait, c’est pas beaucoup plus chic qu’une chambre d’auberge de jeunesse en Europe de l’Est, mais il y a une vue sur la mer! Pas mal du tout!!

mercredi 1 octobre 2008

Redescendus au Sud


Le 30 septembre s'est arrêté l'expérience nordique pour Martin et Brigitte.

De tout mon coeur,
bonne chance dans la poursuite de vos projets!

jeudi 14 août 2008

Épisode 7 Une semaine à Kuujjuaq


Une bande d’une trentaine d’enseignants à l’aéroport.
Une bande d’enseignants dans un avion entre Montréal et Kuujjuaq.
Une bande d’enseignants à attendre à l’aéroport de Kuujjuaq parce que le vol a été moins long que prévu (3heures et plutôt que les 5 heures annoncées : pas de cargo à débarquer en chemin à LG4).
La même bande d’enseignants dans un autobus scolaire à faire de tour de Kuujjuaq et à être débarqués, un par un, deux par deux, dans des familles où on loge le temps de la formation.

Cette bande d’enseignants, comme toutes les hordes d’enseignants,
ça en jase un coup!

La majorité des nouveaux enseignants de la commission scolaire Kativik sont ici, comme moi, pour quelques jours d’orientation, de séminaires, d’initiation culturelle à la réalité inuit, de conseils, de motivation. Primaire, secondaire, français, anglais, tout mélangé, beau mélange! Belle gang! Première journée on débarque, deuxième journée remplie, troisième journée tout autant et… wow, déjà il ne reste que 48 heures avant qu’on reprenne l’avion, qu’on soit séparés dans nos communautés respectives.

Et tout ça, tout ce qu’on fait, tout ce qu’on sait qu’il y a à faire, ce n’est pas sans négliger qu’on est à Kuujjuaq, en pleine canicule (il fait plus chaud que ce que j’ai senti à Montréal tout l’été!) et en plein Aqpik Jam 2008, le festival de musique du Nord. On en profite, on sort le soir, on découvre la ville! C’est la plus grande ville du Nord Kuujjuaq, pas loin de 2400 personnes! Il faut en profiter avant qu’on nous expédie dans une autre dimension, dans nos villages respectifs aux proportions réduites.

Je suis logée chez Bonnie et Doug, conseillère pédagogique et son mari enseignant de secondaire 1. Ils sont excessivement accueillants et généreux en conseils et discussions pédagogiques lors de nos repas. Thank you Bonnie and Doug for your hospitality!

Avec tout ça, imaginez combien ça jase cette semaine… : )

PS Lena, ma copine architecte qui a travaillé sur l’aéroport de Kuujjuaq, m’a demandé de donner mon avis d’utilisatrice sur le bâtiment. Il est superbe cet aéroport! Mais pourquoi avoir choisi un revêtement de bambou pour les murs de la salle d’attente principale? Ça fait un contraste asiatique spécial avec les planchers aux mosaïques autochtones et les photos d’ours polaires sur les murs! Hihihi! Sérieusement, Lena, c’est un bel aéroport : c’est un lieu très confortable pour… placoter!

lundi 11 août 2008

Épisode 6 Prochain arrêt : Kuujjuaq

C’est demain le grand départ. Tous les nouveaux enseignants de la commission scolaire sont invités à une semaine d’orientation à Kuujjuaq afin de préparer l’année scolaire (oui, les habitués au jargon de l’enseignement, sachez que nous sommes invités et non convoqués, nuance importante). Je suis tellement emballée par l’aventure que j’ai acceptée l’invitation avec grande joie. Je quitte demain matin.

Enfin!!!
Je dis enfin parce que j’ai passé l’été à faire des adieux à tout mon monde… Sans farce, depuis deux semaines, je suis mal à l’aise de croiser mon voisin sur le balcon. Nous sommes parlés de mon départ pour l’année scolaire 2008-2009 depuis le tout début du processus d’entrevue à la commission scolaire Kativik et il m’a toujours souhaité un bon voyage… Depuis le 1er août, il me dit plutôt « Quoi, t’es pas encore partie? »

Mais là c’est vrai! Je pars. Aujourd'hui, mes amis et moi avons fêté la chose en grand: une vraie journée d'été. Demain, j'embarque dans un avion, je change de saison. Je passe de la saison vacances à la saison travail, de la saison verdure à la saison toundra. Comme quand on va dans à Cuba en hiver, mais à l'envers.

Un an à voir autre chose, à vivre autrement, à respirer différemment, à enseigner avec les moyens du bord, avec mes trippes, ça commence enfin!

Les bons amis, la ville et les Piknik Électronik seront là à mon retour, je pars sans aucune crainte, mais S.V.P. les petits, la deuxième génération de mes amis, ne grandissez pas trop vite pendant mon absence!

jeudi 24 juillet 2008

Épisode 4 Le comment

Je suis allée à Kangirsuk en 1996. Jeune, voyageuse, j’ai répondu à une petite annonce de Chantier Jeunesse et ça m’a valu un été à clouer du bardeau sur un camp de chasse. On était une belle gang de bénévoles aventuriers et des Inuits de la communauté locale. Un été magique, ensoleillé presque 20 heures sur 24!

Depuis, je sais que je veux y retourner. Seul hic, c’est qu’on ne voyage pas dans le Nord comme on va à Cuba. Les transporteurs aériens ne font pas légion, les hôtels sont plutôt rares et les prix de ces quelques services, prohibitifs. Le tourisme dans le Nord n’est développé que pour les riches chasseurs et pour les sportifs super-extrêmes.

Alors, pour repartir, j’ai patienté et.... et je suis devenue enseignante, plutôt par hasard. J’ai rapidement réalisé que c’était une occasion d’aller à la rencontre du peuple du Nord, pour y pratiquer mon (encore un nouveau) métier. Wow! Quand même, deux fois dans une vie, je me considère très chanceuse!

Alors, enseigner dans le Nord? Comment s'y prendre? De la seule manière que je connaisse : de retour aux petites annonces (que je consulte maintenant en ligne, évolution technologique oblige!). Et puis, dans l’ordre :

  • un CV à la commission scolaire Kativik,
  • une entrevue (en français, en anglais et même un peu d’inuktitut),
  • un certificat de bonne conduite de la police,
  • mes bulletinS et diplômeS (c'est qu'il commmence à y en avoir beaucoup!),
  • un examen médical complet, bonne nouvelle : je n’ai pas la tuberculose,
  • une évaluation de ma santé mentale, question de savoir si je suis capable d’aller travailler en région isolée,
  • faire mes boîtes (clin d'oeil à mon monde d'André-Laurendeau et à notre incendie!)
  • un peu de contrariétés avec la direction de la titularisation du ministère pour obtenir le brevet d’enseignement (c’est quand même étonnant, j’ai plus de misère à obtenir ce fameux brevet que d’avoir un certificat de bonne santé mentale alors que j’ai l’impression de réclamer des autorisations dans l’administration des 12 travaux d’Astérix... : )
  • et le début d’une maîtrise en enseignement au secondaire plus tard (eh oui, encore des études... c’est mon karma!)

Mais… ce ne sont que de simples formalités, à peine différentes que si j'allais travailler à la polyvalente au coin de la rue. Je suis enseignante, je suis embauchée et je suis à veille de partir. Juste un peu plus loin, un peu plus froid, pas mal plus inuit qu'à l'école du coin.

Tout bonnement, j’ai reçu un courriel qui me dit à quelle heure je dois me pointer à l’aéroport.

Là, j’ai hâte!